Страница произведения
Войти
Зарегистрироваться
Страница произведения

La vicomtesse: Livre 1


Опубликован:
14.08.2026 — 14.08.2026
Аннотация:
La véritable histoire d'Anne Charlotte Jeanne Elizabeth Buckson, Mademoiselle de Breuil , Lady Clarik, comtesse de La Fère, petite-fille de la Jeanne de Breuil , duchesse de Berry, Lady Winter baronne Sheffield, écrite par elle-même pour l'édification et l'instruction de sa fille, la vicomtesse Marie de La Fère
Предыдущая глава  
↓ Содержание ↓
  Следующая глава
 
 

" Ah... " fit le cardinal d"une voix traînante. " Je sais de qui vous parlez. "

" Je parle de ce scélérat d'Artagnan."

" C'est un casse-cou."

" Voilà pourquoi nous devrions avoir peur de lui."

"Il nous faudrait des preuves de ses relations secrètes avec Buckingham..."

" La preuve ! Vous venez vous-même d'énumérer une douzaine de preuves !"

" Eh bien, dans ce cas, rien de plus simple : je le mettrai à la Bastille."

" Très bien, Monseigneur, et ensuite ?"

" Il n"y a pas d"après pour ceux qui finissent à la Bastille ", répondit le cardinal d"une voix creuse. " Ah, le diable ", poursuivit-il, " si seulement il m"était aussi facile de me débarrasser de mon ennemi que vous de vous débarrasser du vôtre, et si seulement vous pouviez me demander l"impunité pour vos actes contre de tels gens ! "

" Monseigneur, échangeons-nous — vie pour vie, homme pour homme : donnez-moi celui-ci — je vous donnerai l"autre."

" Je ne sais pas ce que vous voulez dire, répondit le cardinal, et je ne souhaite pas le savoir, mais je veux vous rendre service, et je ne vois pas pourquoi je ne devrais pas accéder à votre requête concernant une créature aussi insignifiante, d"autant plus que ce d"Artagnan, comme vous l"affirmez, est un libertin , un duelliste et un traître. "

" Un homme malhonnête, Monseigneur, malhonnête !"

" Donnez-moi du papier, un stylo et de l'encre."

" C'est tout, Monseigneur."

" Ce que le porteur de ce document a fait l'a fait sur mon ordre et pour le bien de l'État. 5 août 1628.

Richelieu ."

Après avoir écrit cela, Richelieu se leva de table, salua et partit. Peu après, lui et sa suite s'en allèrent. Un document splendide, payable au porteur ! Je craignais que Richelieu n'écrive quelque chose de personnel... Le document requis a été reçu, et je dois moi aussi me préparer pour mon voyage.

En entendant le bruit métallique du verrou qu'on tirait, je me suis retournée — lui, mon bien-aimé Olivier, est entré dans la pièce et a verrouillé la porte derrière lui.

Mais comment le savait-il ? Ah oui, la cheminée ! Pourquoi n'y ai-je pas pensé tout de suite ? Le hall du bas est vide et silencieux maintenant, et il aurait pu entendre ma conversation avec le cardinal ! Eh bien, c'est beaucoup plus simple comme ça.

Olivier s'arrêta à la porte, enveloppé dans sa cape et rabattant son chapeau sur ses yeux.

Au premier abord, la vue de cette silhouette silencieuse, immobile, semblable à une statue, m'effraya. Un tel comportement n'augurait rien de bon pour le début de la conversation que j'espérais depuis si longtemps.

" C"est enfin toi, mon époux bien-aimé ? " me suis-je exclamée, ravie de ces retrouvailles tant attendues. " Gloire à Dieu ! Il a entendu mes prières, tu es vivant ! Je suis si heureuse de te voir en pleine forme ! "

Rejetant son manteau en arrière et repoussant son chapeau de son front, il s'approcha de moi.

" Me reconnaissez-vous, madame ? " demanda-t-il, sans la moindre joie.

" Bien sûr que je te reconnais ! Je te reconnais toujours et partout, mon époux adoré !"

Je me suis penchée en avant, avec l'intention d'embrasser mon mari, mais j'ai aussitôt reculé comme si j'avais aperçu un serpent, car sa vue m'a profondément effrayée. Et cela faisait longtemps que je n'avais pas eu peur . J'avais imaginé notre rencontre tout autrement , et je ne comprends pas ce qui lui prend. Bon, je vais l'écouter, et ensuite je déciderai.

" D"accord, d"accord ", dit Olivier. " Je vois que vous me reconnaissez. "

" Comte de la Fère ! " ai-je murmuré, pâlissant et reculant de plus en plus jusqu'à toucher le mur.

" Oui, moi, répondit Olivier, le comte de la Fère en personne, je suis venu de l"autre monde expressément pour avoir le plaisir de vous voir. Asseyons-nous et bavardons, comme le dit le cardinal. "

Saisi d'une horreur inexprimable, je me suis assis sur une chaise près de la cheminée sans faire le moindre bruit.

" Vous êtes un démon envoyé sur Terre ! " commença Olivier. " Votre pouvoir est immense, je le sais, mais vous savez aussi qu'avec l'aide de Dieu, les hommes ont souvent vaincu les démons les plus terrifiants. Vous avez déjà croisé mon chemin. Je croyais vous avoir rayée de la surface de la Terre, madame, mais soit je me suis trompé, soit l'enfer vous a ressuscitée... "

À ces mots, qui réveillèrent en moi de terribles souvenirs, je baissai la tête et gémis sourdement.

" Oui, l"enfer t"a ressuscité ", poursuivit Olivier, " l"enfer t"a enrichi, l"enfer t"a donné un autre nom, l"enfer a changé ton visage au point de le rendre presque méconnaissable, mais il n"a pas lavé la saleté de ton âme, ni la marque de ton corps ! "

En entendant toutes ces inepties, j'ai bondi comme une flèche, les yeux pétillants. Olivier est resté assis. Je me suis ressaisie et me suis rassis. Bon, il est temps de prendre le revolver et de calmer mon cher imbécile avant qu'il ne commette une autre bêtise, un autre crime. J'ai glissé ma main dans ma poche, invisible aux yeux de tous, dissimulée dans les plis de ma robe vaporeuse, et le chien du revolver a cliqueté doucement, à peine audible. Puis j'ai légèrement bougé la main, et le canon s'est posé sur ma hanche, pointé sur mon époux. Je l'aime, je l'aime tellement, mais pas plus que je ne m'aime moi-même ! Et je n'ai pas l'intention de le laisser tenter de me tuer à nouveau dans un accès de folie. En attendant, je vais essayer de l'écouter attentivement. Peut-être comprendrai-je pourquoi c'est arrivé ... Je suis sûre que si je fais tout correctement, tous nos malentendus s'apaiseront et nous pourrons enfin être heureux ensemble. Eh bien , ou, dans le pire des cas, nous nous séparerons vivants et sans nourrir de rancune l'un envers l'autre.

" Vous me croyiez mort, n'est-ce pas ? Et moi aussi, je vous croyais mort. Le nom d'Athos cachait le comte d'Olivier La Fère, tout comme celui de dame Clarique cachait Anne de Beuil ! N'était-ce pas votre nom lorsque votre vénérable frère nous a épousés ?... Vraiment, nous nous trouvons tous deux dans une situation étrange ", poursuivit Olivier avec un sourire. " Nous n'avons vécu jusqu'à présent que parce que nous pensions l'autre mort. Après tout, les souvenirs ne nous contraignent pas autant qu'un être vivant, même si parfois ils tourmentent l'âme ! "

" Et qu"est-ce qui vous amène aujourd"hui ? " demandai-je d"une voix étranglée. " Et pourquoi écorche-t-il mon nom de famille ? " " Et que me voulez-vous ? "

" Je tiens à vous dire que, même si je suis restée obstinément invisible à vos yeux, je ne vous ai pas perdue de vue."

" Vous insinuez que vous savez ce que j"ai fait ? " Cette remarque, loin d"être futile, m"a beaucoup amusée. " Et que racontent exactement les commères à mon sujet ? "

" Je peux vous dire jour après jour ce que vous avez fait, depuis votre entrée au service du Cardinal jusqu'à ce soir."

J'ai esquissé un sourire méfiant. Après tout, j'aurais pu en faire autant , et j'avais bien plus d'informations.

" Écoutez : vous avez coupé deux pendentifs en diamant de l'épaule du duc de Buckingham ; vous avez enlevé Madame Bonacieux ; vous, tombée amoureuse de de Vardes et rêvant de passer la nuit avec lui, avez reçu Monsieur d'Artagnan chez vous ; vous, croyant que de Vardes vous avait trompé, avez voulu contraindre son rival à le tuer ; vous, lorsque ce rival a découvert votre honteux secret, avez ordonné à deux assassins, que vous aviez envoyés à ses trousses, de lui tirer dessus ; vous, constatant que la balle avait manqué sa cible, lui avez envoyé du vin empoisonné accompagné d'une lettre falsifiée, voulant convaincre votre victime que ce vin était un cadeau d'amis ; et enfin, ici même, dans cette pièce, assis sur la chaise même où je suis assise, vous venez de promettre au cardinal Richelieu d'envoyer un assassin au duc de Buckingham, en échange de quoi il vous a promis de vous laisser tuer d'Artagnan ! "

" Hmm... Les anciens sages qui disaient : " Quand les dieux veulent punir quelqu"un, ils le privent de son esprit ", avaient tout à fait raison, dis-je, mais Olivier ne m"entendait pas et continuait de dire des bêtises. Mon Dieu, il est vraiment comme un tétras des bois . Il n'écoute personne, et ça ne sert à rien de lui expliquer quoi que ce soit maintenant. Il est complètement à la merci des rumeurs et des préjugés... Bon, je vais l'écouter encore un peu."

" Peut-être, mais en tout cas, souvenez-vous d'une chose : que vous tuiez ou chargiez quelqu'un pour tuer le duc de Buckingham, cela ne me regarde pas : je ne le connais pas, et d'ailleurs, il est anglais ; mais ne touchez pas un cheveu de la tête de d'Artagnan, mon fidèle ami, que j'aime et que je protège, sinon, je vous le jure par la mémoire de mon père, le crime que vous commettrez sera le dernier !"

" Quelles sottises ! Écoute, Olivier, mon époux bien-aimé, mon seul et unique. Ce ne sont ni ton cœur ni ta raison qui parlent à travers tes lèvres, mais les ragots et les préjugés que mes ennemis, et surtout les tiens, ont semés dans ton esprit. Réfléchis un peu par toi-même ... Alors... Lors de notre première rencontre, j"ai sauvé la vie de d"Artagnan, en arrêtant Rochefort dans sa tentative d"éliminer ce jeune rustre. Mais d"Artagnan n"a pas apprécié ma clémence et m"a cruellement insultée, ainsi que plusieurs autres femmes ", dis-je d"une voix morne. " D"Artagnan aurait dû mourir, mais je lui ai même pardonné cela, espérant qu"il gagnerait en sagesse avec l"âge. "

" Est -il vraiment possible de vous insulter, madame ? " Olivier ricana. " Il vous a insultée et il va mourir ? "

" Il mourra à coup sûr s'il continue à se comporter ainsi avec les vrais hommes, et surtout avec les femmes. Il a déjà fait trop de coups bas à trop de femmes ", ai-je répété. " Et ce n'est pas moi qui le tuerai ; je n'ai aucune raison de me salir les mains avec lui et de pécher davantage ! Trop de femmes le souhaitent, alors je ne vais plus essayer de les persuader d'épargner ce stupide Gascon ! "

La vision d'Olivier s'obscurcit. Il se leva, sortit lentement un pistolet de sa ceinture et l'arma. Olivier leva lentement le pistolet, tendant le bras, avec l'intention de me tirer dessus.

Mais je ne l'ai pas laissé faire ; j'ai tiré la première. Je ne voulais pas le tuer, et ma balle a fait tomber le pistolet des mains d'Olivier et l'a projeté dans la cheminée en flammes. Quelques instants plus tard, le pistolet s'est enflammé et un coup est parti tout seul, dans le feu. Olivier était paralysé de surprise. Il n'était pas le premier, et il ne serait pas le dernier. Aucun homme ne s'attend à ce qu'une femme puisse tirer avec précision, surtout sans viser, à l'instinct . Profitant de sa confusion, ma main, qui tenait le revolver, est sortie de ma poche et je l'ai réarmé.

" Assieds-toi sur cette chaise... oui, celle-là, et écoute-moi. Écoute-moi très attentivement, aussi attentivement que je viens de m"écouter. Mais, mais, ne fais rien de stupide ! " Je vis Olivier commencer à saisir son épée, mais pour une raison inconnue, de la main gauche.

" Assieds-toi et ne fais pas de bêtises ! Ne sois pas idiot , Olivier ! Je tiens un revolver, une création d'un talentueux armurier anglais. Il a encore cinq balles. Je pourrais donc facilement te tuer. Et je suis plutôt bon tireur, comme tu viens de le voir. Mais je n'ai aucune envie de cribler ton beau corps de balles, dont j'espère profiter encore bien des fois. Et surtout, je ne veux pas priver notre enfant de son père, la laissant orpheline...

" Notre enfant ? Le père ?" — Il me semblait que mes paroles avaient bien plus stupéfié Olivier que mon tir réussi. — "Vous avez dit : le priver de son père, madame ? Et vous voulez dire que vous avez un enfant et que cet enfant est le mien ? Mais comment ?... Et mon enfant en particulier ?"

" Comment ? Aussi simple que pour tous les enfants. Nous sommes mari et femme, comme tu as daigné le rappeler, et pendant notre lune de miel, nous avons fait tout ce que font les heureux couples mariés. J'espère que tu t'en souviens, ou bien ton esprit est-il si embrouillé que tu as tout oublié ? Et oui, je le jure, et que le Seigneur, l'Omniscient et le Tout-Puissant, m'en soit témoin, je n'ai jamais eu d'autre homme que toi, mon époux légitime. Toi, mon bien-aimé Olivier, tu es mon seul et unique homme. Je le jure ! — De ma main gauche, j'ai sorti une croix de mon corsage et je l'ai embrassée.

" Oh mon Dieu ! L'enfant... Je suis le père... Je ne le savais pas, je ne le savais pas..."

Si tu n'avais pas tiré de conclusions hâtives ce jour fatidique, tu l'aurais su. Et tout aurait été différent... Nous aurions vécu toutes ces années perdues dans l'amour et le bonheur ... Et nous aurions eu beaucoup d'enfants. J'espère que nous pouvons encore rattraper le temps perdu , mon amour.

Olivier était assis sur une chaise, se tenant la tête entre les mains et se balançant d'un côté à l'autre, en disant :

" Je ne savais pas, mon Dieu, je ne savais pas, je ne savais rien..."

Que faire de lui maintenant ? Il n'est pas prêt pour une conversation sérieuse sur nous et notre avenir. Mais mon bien-aimé a besoin d'être sauvé avant qu'il ne fasse d'autres bêtises. Et pour ce qu'il a déjà fait, le bourreau l'attend de pied ferme. Il faut le sauver.

"Écoute, Olivier, mon bien-aimé, mon unique. Tu n'es pas prêt aujourd'hui pour une conversation franche, comme je le souhaiterais. Mais je vais tout de même te dire quelque chose. Et je vais faire... Alors... Je sais beaucoup de choses sur toi et tes amis, plus que je ne voudrais en savoir, et ce que tu as fait s'appelle de la trahison. Je suis au service du roi, et il est de mon devoir de te livrer, toi et tes amis, à la justice. Mais je t'aime, et c'est pourquoi je veux te protéger de l'échafaud et de la potence. J'espère qu'après notre conversation, tu cesseras de boire, d'écouter tes amis débauchés, et que tu retrouveras la raison. Et dans un an, nous nous reverrons. Je ne sais ni où, ni quand, mais je suis sûre que ce sera le plus beau jour de ma vie. Même si, ce jour-là, la pire des tempêtes fait rage et que toutes les écluses du ciel s'ouvrent. Oui, je pense qu'il vaut mieux que nous nous retrouvions là où tout a commencé : à notre château, le Château La Fère. Et pour vous éviter la décapitation, prenez ce papier. Et lorsque, après une nouvelle bêtise de votre part, les hommes du prévôt ou la garde du cardinal vous arrêteront, vous et vos amis, et vous traîneront jusqu'au bourreau, vous le leur présenterez. Je prierai Dieu pour vous, afin qu'il nous fasse miséricorde..."

Предыдущая глава  
↓ Содержание ↓
  Следующая глава



Иные расы и виды существ 11 списков
Ангелы (Произведений: 91)
Оборотни (Произведений: 181)
Орки, гоблины, гномы, назгулы, тролли (Произведений: 41)
Эльфы, эльфы-полукровки, дроу (Произведений: 230)
Привидения, призраки, полтергейсты, духи (Произведений: 74)
Боги, полубоги, божественные сущности (Произведений: 165)
Вампиры (Произведений: 241)
Демоны (Произведений: 265)
Драконы (Произведений: 164)
Особенная раса, вид (созданные автором) (Произведений: 122)
Редкие расы (но не авторские) (Произведений: 107)
Профессии, занятия, стили жизни 8 списков
Внутренний мир человека. Мысли и жизнь 4 списка
Миры фэнтези и фантастики: каноны, апокрифы, смешение жанров 7 списков
О взаимоотношениях 7 списков
Герои 13 списков
Земля 6 списков
Альтернативная история (Произведений: 213)
Аномальные зоны (Произведений: 73)
Городские истории (Произведений: 306)
Исторические фантазии (Произведений: 98)
Постапокалиптика (Произведений: 104)
Стилизации и этнические мотивы (Произведений: 130)
Попадалово 5 списков
Противостояние 9 списков
О чувствах 3 списка
Следующее поколение 4 списка
Детское фэнтези (Произведений: 39)
Для самых маленьких (Произведений: 34)
О животных (Произведений: 48)
Поучительные сказки, притчи (Произведений: 82)
Закрыть
Закрыть
Закрыть
↑ Вверх